Le Soupir de l’Immortel

Posted by Lionel - in ACTUALITES - No Comments

De Antoine Buéno, Editions Héloïse d’Ormesson, 08/2009, 640 p. € 25,00

soupirimmortelPour un pavé, c’est un pavé ! Du vrai, du gros, du lourd. Pas seulement pour ses 640 pages, parce que c’est désormais la norme ou presque. 640 pages denses, compactes. Foisonnant nous dit-on en 4° de couverture. Ça, c’est beaucoup plus rare. 640 pages de vraie science-fiction.

Le roman, proprement dit, ne compte que 620 pages, auxquelles s’ajoutent 18 pages d’un glossaire bien utile et 2 pages de bande son constituée de rap, forcément antédiluvien, quoiqu’il ne semblât pas y avoir eu de déluge entre notre époque et l’an 570 AFT (après la Ford T – sortie en 1908), donc 2478.

« Après Ford », ça ne vous rappelle rien mes petits drouguis ?Non ? Encore trop occupé à rêver de moutons électroniques ? ( p. 397).

« Quand Le Meilleur des Mondes rencontre Alice au Pays des Merveilles » nous dit encore la 4° de couv’. D’Alice, pas grand’ chose, dirons-nous. Sous forme de traces. Par contre, Antoine Buéno nous recycle le roman d’Aldous Huxley, en long, en large et en travers, l’assaisonne d’Anthony Burgess et ne manque pas de nous glisser une allusion explicite à notre maître à tous, Philip K. Dick et une autre à Asimov. Tant Burgess qu’Huxley sont des auteurs réputés de la littérature anglo-saxonne, au point que le second à même été enseigné dans nos lycées professionnels à une époque où j’y séjournais, qui ont souvent lorgné sur l’autre face du monde d’où Dick les enviaient. Dans Le Soupir de l’Immortel, les éléments post-dickiens abondent et Buéno tient à nous faire savoir qu’il sait d’où ça vient. Le Monsieur sait payer ses dettes d’un trait d’humour.

Point n’est besoin au péri texte de s’étendre sur le pedigree d’Antoine Buéno. Né en 1978, il est chargé d’études au Sénat, enseigne également la littérature à Science-Po. C’est là son quatrième roman. Bref. C’est l’une de ces éminences grises qui pense pour nos politiciens et enseigne la littérature dans une de ces taupes où se forment les futures élites de la nation. Qu’une personne chargée d’éclairer les décisions de nos politiciens soit férue de SF est une bonne chose ; tous ceux qui aiment ce que cette littérature a à offrir de meilleur en sont convaincus. Buéno s’est abreuvé aux meilleures sources.

La 4° de couverture (qui m’a fait acheté le roman) est rédigée comme suit « L’an 570 après Ford. Le monde est enfin durable et uniformisé. Plus de crise environnementale, plus de guerre, plus de misère. La planète est devenue un Eden ultralibéral, une jungle luxuriante d’humains bigenrés. Tout ne va pourtant pas pour le mieux. L’immortalité se paie au prix fort. » Le Soupir de L’immortel est un roman d’anticipation politique. L’univers qu’Antoine Buéno nous propose est une projection idéalisée de la droite contemporaine. Par idéalisée, il faut comprendre qui a réalisé son discours, considéré projet ou qui est en passe de le faire. L’auteur est capable de projeter tous les espoirs et l’optimisme qu’un libéralisme sans frein peut faire miroiter tout en le minant et en le sapant le tout sans qu’il n’y paraisse. Est-il de droite ? Est-ce que le roman est de droite ? C’est en tout cas l’œuvre de quelqu’un qui connaît la droite de l’intérieur comme aucun gauchiste ne la connaîtra jamais, de quelqu’un qui la pratique à défaut de l’embrasser. Le Soupir de l’immortel n’est en aucun cas à droite comme peut l’être La Paille dans l’œil de Dieu de L. Niven et J. Pournelle. C’est un roman de droite critique. On est aussi à des années lumières de la SF politique française des années 70/80 ; il n’est plus ici question d’opposition entre les bons écolo-gaucho-anarcho-marxistes et les méchants capitalistes réactionnaires, fascistes et militaristes. Le clivage est plus proche de ce que l’on connaît aux Etats-Unis, entre Républicains et Démocrates, mais avec un important groupe centriste qui fait très européen.

L’an 570 AF, donc. Le monde a beaucoup changé. Le monde a très peu changé. Trop peu ? On y construit un gigantesque artefact spatial capable d’héberger 70 millions de personnes. Par bien d’autres aspects, ce monde à l’air bien plus proche du nôtre dans le temps et l’on se demande comment certains éléments des plus superficiels d’aujourd’hui sont parvenus à persister si longtemps. Les thèmes de la campagne électorale (la notion même de campagne électorale d’ailleurs) semblent tout droit sortis du 1° siècle AF alors que quatre siècles plus tôt, 3° siècle BF (before Ford) l’Europe est en proie aux affres de la Guerre de 30 ans. Actuellement, nous assistons à une accélération du progrès, mais à termes, les mémoires informatiques pourraient avoir un effet inverse de préservation du passé dans le présent surtout si cet effet entre en résonance avec l’immortalité humaine. Le progrès, en ces temps à venir, ne cesserait de ressasser son passé en permanent mouvement revival ; un passé conserver dans ses moindres détails, les plus superficiels ou les plus triviaux. « …ses Dragibus à l’acide citrique, ses crocodiles en gélatine de véritables os d’animaux, ses Schtroumpfs aux pectines gélifiantes et ses fraises Tagada injectées d’amidons variés (…/…) L’épicerie fine Saveur d’antan poussait le pittoresque très loin… » (p. 488) ou « Elles ont été créées en 261 pour les nanorobots dentifrice Email Diamant, Email Diamant, blancheur virginale » (p. 421). Tout le roman est semé de ce genre d’allusions qui font comme autant de coups de zoom et rapprochent de nous l’an 570 AFT. Ceci dit, il n’est pas du tout certain que nous ne soyons pas aussi perdu ans cet avenir qu’un homme de la Renaissance le serait de nos jours. Ainsi, les humains de ce futur ont tous des implants cérébraux qui se sont développés concomitamment avec leur blastula, mérula, fœtus, jusqu’à l’adulte. « Bonjour, vous êtes bien dans la tête de Lénina, mais là, j’ai l’esprit ailleurs » (p. 333) nous répond la boite mentale du futur. Et ils sont immortels !!

Ils sont immortels. Et ça, ça change tout. Parce que plus rien n’est comme avant. C’est-à-dire qu’ils ne meurent plus de mort naturelle, mais ne sont pas à l’abri d’un accident ou d’un suicide ; meurtre et maladie ayant disparu. Du coup, les enfants aussi ont disparu, ou presque. La famille aussi, à la trappe. Enfin, la famille telle que nous la connaissions. En lieu et place, des cellules familiales, composées avec des membres des diverses strates sociales : alpha, bêta, gamma. La naissance n’ayant rien à voir là-dedans. Ceux qui en ont les moyens adoptent un pupille fabriqué sur cahier des charges dans un couveuse. Cette humanité est devenue vitripare, elle naît in vitro. Ce changement-là est bien plus radical que ce que nous avons pu connaître depuis la Renaissance. Pour qu’un enfant soit fabriqué, il faut qu’un humain ait quitté définitivement la Terre, soit pour l’outre-monde soit pour l’outre-tombe. Il faut respecter un numerus clausus sans quoi il y aurait une inflation démographique qui menacerait de ruiner tout le système. Ça apparaît certes nécessaire, mais ne fait pas que des heureux, de loin s’en faut. «Serez-vous tenté par la vie éternelle ? » Nous est-il demandé en bas de la couverture. Ce monde n’est pas la plus noire des dystopies. Il faut faire des choix, or choisir, c’est renoncer. Mais tout le monde a-t-il bien le choix ? Ce qui fait toute la force du roman d’Antoine Buéno, c’est que ce n’est jamais tout blanc ou tout noir. Ça oscille en permanence entre des millions de niveaux de gris fluctuant sans cesse. Il s’agit quand même d’une société offrant l’immortalité à tout le monde, d’office…

Le Soupir de l’immortel est constitué de vingt tableaux où apparaissent les membres de la cellule familiale de Karl Carnap, candidat centriste et favori à la Présidence Direction Générale du monde. Outre Carnap, la cellule est constitué de son pupille Mao Mach, des bêta John Stuart Minh et Léon Nozick et des gamma Lénina Comte, Aldous Comte, Marx Comte et bien sur Marvin, le domocile, intelligence artificielle tutélaire du foyer . Le roman est construit comme un fix-up sans en être un, certains des tableaux le composant auraient très bien pu être publié indépendamment en anthologie ou en revue. Les liens entre les uns et les autres sont parfois très lâches, tous ne contribuant pas forcément à l’intrigue principale si ce n’est de loin en loin. Par contre, ils dépeignent ce monde par d’innombrables petites touches avec une pléthore de détails qui font émerger un tout remarquablement cohérent et surtout sans longueur ni lourdeur. Le flux principal des péripéties est somme toute fort limité, mais comme il n’est lui-même que prétexte à véhiculer la réflexion, ça importe finalement assez peu. Cette intrigue est d’ailleurs d’une simplicité monacale sans que cela empêche la construction du roman d’être des plus fines.

Histoire d’accrocher d’emblée son lecteur, Buéno démarre sur les chapeaux de roue. Aldous Comte, junkie, commence par assommer sa mère et la sodomiser… dans une partie de jeu virtuel. Le deuxième tableau, outre nous présenter la cellule familiale de Carnap, nous annonce que tout a mal tourné dans les jours qui ont précédé. Les dix-huit suivant expliqueront pourquoi et comment une élection gagnée d’avance finit par être perdue.

Tout ceci, cependant, se déroule derrière le ballet ondoyant des multiples voiles de l’humour. Parce que si Le soupir de l’immortel est un roman politique, c’est aussi un immense roman humoristique. Les traits d’humour jaillissent en permanence, de partout. Antoine Buéno fait flèche de tout bois. Avec un sourire goguenard, il lubrifie un propos grave qui, sans cela pourrait paraître bien aride. Dès le troisième tableau, intitulé « Spiritualité », on plonge dedans. En 570 AFT, la spiritualité, c’est la sexualité la plus débridée. Les églises comme St Nicolas du Chardonnet sont toutes devenues des baisodromes avec même donjon SM en clocher. Pour un candidat à PDG mondiale, « prier », c’est-à-dire sucer, fait partie des figures imposées où tous les média sont là pour couvrir l’événement comme Léon Zitrone à un couronnement. « On dirait qu’il va prier un coup pour se mettre en jambes » (p. 86) Ce thème ne cessera de courir comme un fil rouge tout au long du roman dont certains passages ne sont pas sans évoquer la nouvelle de N. Spinrad : L’Entropie, bébé, quel pied d’acier ! (The Entropic Gang Bang Caper).« Elle avait conduit le petit à son cours hebdomadaire de catéchisme dans la sacristie.C’était là que les enfant étaient initié à la spiritualité.(…/…)Après l’avoir lâché au milieu des pédophiles… » (p. 90) Buéno n’hésite pas à recourir à l’humour le plus grinçant jouant délibérément du mauvais goût pour mettre l’accent sur les changement sociétaux qu’il tient à mettre en exergue. « Les voies du seigneur sont aussi pénétrables que celles de la vierge ! Tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes (huxley) avant l’immortalité !)Nous déclare un prédicateur star du stupre dans son show. « La rue Saint-Denis, la rue des chapelles. La plus grande concentration se spiritualité crue de tout la capitale. (p. 264) Dans le tableau suivant où Mao visite la couveuse d’île de France, le directeur de celle-ci se nomme Crick. « Proudhon directeur de la SS et leader républicain » (p. 151). LES PLASTICIENS MAC TROY & NAMARA (p. 175). « Un enfant, ça se customise » (p ; 345) « Léon déchiffra plusieurs titres : Le matin des magiciens, L’écume des jours, …, le triptyque de l’asphyxie. Il n’avait jamais entendu parler des quatre premiers mais le cinquième lui disait quelque chose. » (p. 205) Et pour cause, c’est le précédent roman d’Antoine Buéno. Buéno sera aussi le nom du directeur de l’institut Pasteur dans ce roman où l’on découvrira encore que « le bouton de peyotl a inspiré de célèbres écrivains tels qu’Antonin Artaud, Henri Michaux, Aldous Huxley ou Antoine Buéno » (p. 260) Suite à une violente crise de jalousie envers sa « sœur » (ils sont tous bigenrés, hein !), John Stuart Minh en envoyé en camp de vacances réadaptatives où « la majorité des GI, les Gentils Internés, se promenaient dénudés… (p. 400) et dès la page suivante on a droit à « Yapou, la conscience du Yuan » qui nous renvoi bien sûr à Yapou, bétail humain (Désordres, Laurence Viallet) l’énorme (et lourdingue) trilogie de SF sadomaso du japonais Shozo Numa. Dans le VI, dans le lieu du tout, on visite même le Big Bang et il sera question de brane enroulée (p. 234), clin d’œil à la hard SF. C’est un véritable feu d’artifice, ça pète dans tous les sens.

Dans le tableau XII, Beauté, une réflexion sur l’art transpose la notion de ready made et ce que cela signifiait pour Marcel Duchamp de signer sa « Fontaine » vers les œuvres produites par génie génétique. (p. 423) ou « Quand l’impératif catégorique de la société était de « croire », l’art était religieux. Quand, avec la postmodernité, cet impératif est devenu « vendre », alors, l’art est devenu publicitaire » (p. 409).

Il nous faut revenir au tableau VII, Sécurité, pour se placer en plein cœur du roman, sur son cœur thématique. « Une humanité sans corps humain, c’est ça, l’Humanité élargie, la transhumanité.Alors seulement la révolution surmoderne sera achevée. Alors seulement nous pourrons tirer un trait sur la modernité et la postmodernité. Nous enrayerons les trois révolutions coperniciennes sur lesquelles sont fondées la modernité et la postmodernité. Freud a ravalé la conscience au rang d’illusion, nous avons donné conscience au moindre grille-pain. Darwin a chassé l’homme de l’origine de la création, nous avons pris le relais de l’évolution. Copernic, enfin, a chassé la Terre du centre de l’univers, et nous étendons la terre à l’échelle de l’univers !» (p. 229). « L’homme pourra être partout chez lui ! Et il se répandra dans l‘univers comme une nuée de sauterelles sur un champ de blé ! (p. 228). On retrouve la des choses telles qu’on a pu les lire presque mos pour mots dans l’essais de Jean-Michel Besnier : Demain, les Posthumains. Le futur a-t-il encore besoin de nous ? (Hachette). Là, on entrevoit, à travers ce credo positiviste qui dans le roman est le discours de Proudhon et des Républicains, les raisons du choix des noms de la plupart des personnages : Comte (Auguste), Carnap, John Stuart Mill. Il faudrait être bien meilleur connaisseur de la philosophie du XIX° siècle que je ne le suis pour mettre à jour le canevas auquel ces choix ont présidé. Je reste également dubitatif quant à savoir pourquoi certains personnages ont, eux, des noms célèbres dans le monde la physique quantique : le chef démocrate se nomme Schroedinger, la directrice du minicul (ministère des cultes) Heisenberg, il y a un/une (profitons du bigenrage) Dirac aussi quelque part.

A partir d’une situation politique qui est celle que nous connaissons, Antoine Buéno nous entraîne à sa suite dans une réflexion sur la manière dont il serait peut-être possible d’approcher la Singularité. Rien de moins. C’est dire l’énorme ambition du propos. Il nous manipule à travers l’intrigue pour nous amener aux idées qu’il tient à nous faire partager, approcher, toucher du doigt. Le soupir de l’immortel est un roman de partage. A travers le livre, l’auteur semble avoir envie de nous inviter à réfléchir dans cette direction, il nous aide à nous poser des questions qui pourraient être les bonnes quant à un futur qui est de moins en moins loin mais sur lequel on semble cruellement manquer de vue.

On l’a dit. Le Soupir de l’immortel est un roman foisonnant, énorme, goguenard, déjanté, profond, monstrueux, jubilatoire, mais c’est tout sauf un roman écrit juste pour le fun. Paru totalement en dehors des lieux habituels de la SF, il n’en est pas moins un pur livre de SF qui pourrait manquer une partie de son public comme ce fut le cas de L’arme d’amour de la cantatrice Isabelle Sabrié, publié chez Nicolas Philippe qui a édité aussi Spectateurs, le deuxième roman d’A. Buéno. Ce serait vraiment dommage. Le soupir de l’immortel a été assez abondamment mis en place en librairie, on l’y trouve encore facilement, il faut en profiter au plus vite. Il va sans dire que cet ouvrage est entre tous une priorité. J’avais dit de Ptah Hotep qu’il était une splendeur pour ses mots, ses sons, sa poésie ; de Mat de Ronan Brennan qu’il était remarquable pour sa narration et l’exposition des personnages ; Le soupir de l’immortel est tout aussi bon mais c’est en raison de l’intérêt des problématiques qu’il évoque.

FANTASY part-2, la suite quoi…

Posted by Lionel - in ACTUALITES - No Comments

TREVE DE DIGRESSION

 

Revenons en à nos moutons (enfin, pour les moutons on verra plus loin, quand il sera temps de parler de Murakami) mais à la Fantasy Francophone.

 

Avant Ptah Hotep, le couple Yves et Ada Rémy avait donné, chez Julliard, le premier roman, un fix-up, intitulé Les Soldats de la Mer. L’œuvre sera plus familière à l’amateur de fantasy standard que Ptah Hotep mais il risque toutefois de se sentir dans la peau de grand-mère poussée dans les orties quand elle est en short ! Imaginez un monde parallèle avec deux lunes où « vivent » des fantômes, le plus souvent de soldats, un début de XIX° siècle alternatif où se constitue petit à petit une fédération européenne. Dans ce cadre, issus du travail filmographique des auteurs pour l’histoire des armées, prennent place les nouvelles où l’on voit s’ébattre des protagonistes en proie au surnaturel tandis qu’autour d’eux, à l’arrière-plan, s’écrit l’histoire.

Trois ans plus tard, ils donneront un autre chef d’œuvre : Le Grand Midi chez Christian Bourgois où le protagoniste apprend à vivre chez les morts… Au moins tout aussi étrange, voire davantage, Le grand Midi précède et s’apparente à des romans comme L’Autre Rive de Georges Olivier de Châteaureynaud (Grasset) ou au Morwyn de John Cowper Powys. On est ici sur la frontière entre la Fantasy et le Fantastique ; un pays littéraire ouvert à ceux qui ne craignent pas de sortir des sentiers battus ni ne redoute nulle étrangeté.

Les Soldats de la Mer est disponible chez Dystopia Workshop (neuf) petit éditeur très intéressant qui rééditera bientôt La Maison du Cygne, le roman de science fiction des Rémy. D’occasion Les Soldats se trouve chez Julliard EO, Seghers – les fenêtres de la nuit, Pocket, et au Fleuve Noir.

Le Grand Midi, seulement d’occasion chez Bourgois.

L’Autre Rive, neuf, chez Grasset, probablement disponible aussi au format de poche .

Morwyn, seulement d’occasion chez Henri Veyrier, collection OFF. (Notez que c’est une traduction, pas un livre français.)

 

Quantité d’œuvres de fantasy sans grand intérêt ont été écrite en français depuis lors, notamment au Fleuve Noir, chez Mnémos et Bragelonne.

 

Du Fleuve, on sauvera La Trilogie de Swa (le Livre, Les Destin et la Légende) de Daniel Walther mais surtout Khanaor (Solstice de Fer & Equinoxe de Cendre) un diptyque de Francis Berthelot préalablement publié chez Temps Futurs, puis à nouveau réédité chez « Imaginaire sans frontière » et disponible neuf en Folio SF, 2 volumes pour les anciennes éditions, un seul pour les plus récentes.

 

Pour conclure sur la Fantasy francophone, on retiendra les Diptyque constitué de Bankgreen et Elbronn de Thierry di Rollo au Belial’. Di Rollo est un écrivain des plus remarquables en France actuellement mais qui n’est pas vraiment tout public. Non. Il écrit pour un public averti, mais pas averti des choses que l’on entend d’ordinaire sous ce genre d’expression… Il écrit au scalpel des textes sombres qui ont la dureté du diamant et tout le monde n’aime pas ça. N’en avoir pas lu, c’est passer à côté d’une véritable expérience littéraire. Il a aussi publié du polar et de la SF. Son meilleur livre est peut-être La Profondeur des Tombes (SF), Belial’ ou Folio SF (neuf ou occase).

 

Moins hard, beaucoup moins, mais non moins intéressant, Jean-Philippe Jaworski fut révélé par Les Moutons Electriques Editeurs d’André-François Ruaud avec la Publication de Janua Vera, récits du vieux royaume, un très bon recueil de nouvelles, certaines franchement splendides, telle « Le Conte de Suzelle ». Une autre, « Mauvaise donne » a été développée dans le fort roman Gagner la Guerre. Ce roman sis dans la « Renaissance » des vieux royaumes tient du polar magique sur lequel plane les ombres du cycle des épées (Leiber) et de San Antonio…

Il existe éditions de Gagner la Guerre chez les Moutons, une normal et une de luxe, cartonnée, superbe. Il est aussi disponible chez Folio SF.

De Janua Vera, il existe quatre éditions : la première, mi format, compte 7 nouvelles, une deuxième en grand Format, dans la Bibliothèque Voltaïque, qui en compte dix, et enfin un tirage de luxe à 70 ex comptant quelques petites pièces supplémentaires. L’édition en poche, chez Folio SF comprend seulement 8 nouvelles dont les 7 du recueil d’origine.

Depuis, J-Ph Jaworski a publié un troisième livre, une Fantasy celtique intitulé Même pas Mort, toujours au Moutons Electriques.

Lesquels Moutons Electriques ont également publié Wastburg, chronique d’une cité imaginaire et premier roman de Cédric Ferrand, magnifiquement illustré en couverture pour l’EO, (dispo en Folio SF) ainsi que Porcelaine – Légende du tigre et de la tisseuse d’Estelle Faye, son 2° roman. Un roman anglo-saxon encore une fois superbement illustré : L’Epouse de Bois de Terry Wendling. Et encore Tancrède – une uchronie, une fantasy historique qui rafla le prix Rosny-aîné due à la plume de Hugo Bellagamba, l’un des auteurs, mais aussi des acteurs les plus brillants à œuvrer dans l’imaginaire francophone d’aujourd’hui. Si c’était tout, ce serait déjà considérable mais il faut encore ajouter à l’impressionnant tableau de chasse des Moutons et d’André François Ruaud le nom de Timothée Rey, qui a publié hier (07/01/14) sont troisième livre aux Moutons : Les Souffles ne Laissent pas de Traces (que je n’ai pas encore lu) qui se présente comme « un polar chez les Cro-Magnons ». Mais c’est à ses deux livres précédents, Dans la Forêt des Astres et surtout son premier, Des Nouvelles du Tibar qu’il doit de figurer ici. De la Fantasy drolatique où les fans de Terry Pratchett devraient trouver largement leur compte…

Tout ce qui sort des Moutons mérite largement que l’on s’y attarde et je ne vous ai pas parlé de la SF, des exhumations de textes anciens… ni du recueil d’interviews de Richard Comballot (encore un type qui gagnerait a être connu).

 

Notons encore sur nos tablettes, le nom de Thomas Burnett Swann dont le cycle du Latium est publié par Les Moutons Electriques et la Trilogie du Minotaure aux édition du Belial’ ; Les Dieux Demeurent et La Forêt d’Envers-Monde sont quant à eux disponibles en folio SF. Thomas Burnett Swann propose une fantasy mythologique de très bon aloi à l’écriture pleine de poésie et il est concevable que La forêt d’Envers-Monde ait inspiré à Robert Holdstock son cycle des Mythagos.

 

La fantasy due à des plumes féminines abonde mais ne m’intéresse guère. Peut-être Tanith Lee mérite-t-elle que l’on s’attarde sur ses œuvres… En ce qui me concerne, je ne retiendrai que trois livres : Terremer (Seghers, CLA, Pocket, Robert Laffont) de Ursula K. Le Guin qui est davantage un planet opera avec sorcellerie et magie qu’une authentique fantasy ; reste que c’est l’un des ouvrages majeures de la dame qui jouit d’une considérable réputation, celle de plus grand auteur féminin de SF, par exemple. Un prochain Bifrost lui sera consacré.

Ariosto Furioso de Chelsea Quinn Yarbro, Denoël, Présence du Futur, est certainement ce que la fantasy féminine à produit de meilleur.

Plus récent, Les Innamorati de Midori Snyder est une très belle réussite publiée par les éditions Rivages, au sein d’une collection Fantasy non dénué d’intérêts.

 

Collection où l’on a pu découvrir la Tétralogie de Longwor du sociologue Dennis Duclos qui, à la base, ressuscite un esprit « Île au trésor » ; On y a aussi découvert l’inquisiteur Nicolas Eymerich de l’italien Valério Evengelisti aujourd’hui réédité à La Volte. L’inquisiteur pourfend maintes diableries qui surgissent de par-delà la temps.

On retiendra encore les deux romans de Lisa Goldstein, Les Jeux étranges du Soleil et de la Lune et Roi de l’été, Fou de l’Hiver qui m’amène par association d’idée quant à la forme du titre à Roi du Matin, Reine du Jour de Ian Mc Donald, chez Denoël en présence du futur. Sacrements de Clive Barker est l’un des meilleurs livres paru chez Rivages/fantasy. De Barker, il faudra faire le détour par les Livres de Sang, naguère publiés en six volumes chez J’ai Lu, dernière éditions en 2 forts volumes chez Bragelonne, mais on est ici plutôt dans l’Horreur. Enfin, J’aurais bien aimé conseiller Le Sang du Serpent et Le Feu de la Salamandre de Brian Stableford mais je m’en abstiendrai finalement parce que le troisième tome de la trilogie, Le Nid du Phénix, n’a pas été traduit. Un mal français qui n’est que trop répandu. Si les premiers volumes n’ont pas les résultats attendus, on ne traduit pas le dernier, prenant les lecteurs pour des cons ! Pris une fois, pris deux fois, ils en viennent à attendre que les trilogies, tant prisés des éditeurs qui pensent ainsi capturer un lectorat pour plusieurs volumes quitte à l’envoyer sur les roses sans plus de forme, soient intégralement publiées. Et les éditeurs, voyant que ça ne se vend pas, ne voyant pas de trésorerie rentrer, se font frileux et ne prennent pas le moindre risque…

 

Pour l’instant, la Fantasy de feu Poul Anderson n’a été que peu traduite ; son œuvre de SF est publiée chez plusieurs éditeurs notamment au Belial’ chez qui on peut lire Hrolf Kraki tout à la fois épique, nordique et réaliste. Le Monde des Vikings comme si vous en étiez… Un Numéro de Bifrost sera consacré à Poul Anderson en 2014.

 

Sur les frontières de la Fantasy, voire même par delà, nous trouvons quelques auteurs qui méritent franchement le détour au premier chef desquels, Tim Powers qui a donné ses lettres de noblesse au mouvement « Steampunk » avec des romans comme Les Voies d’Anubis ou Le Poids de son Regard. A ses côtés, on rencontre James P. Blaylock et K. V. Jeter. Machines Infernales de ce dernier et Homonculus et Le Temps Fugitif de Blaylock devraient plaire à ces amateurs de fantasy susceptibles de s’écarter des sentiers battus de la Fantasy médiévale pour arpenter les rues d’un Londres victorien qui jamais ne fut et où la part belle est laissée à l’imagination dont tous les chevaux sont lâchés…

Auteurs de SF, Fabuliste, Je ne peux m’abstenir de citer James Morrow pour le plus grand bonheur de ceux qui sont capable d’aller encore plus loin. L’Arbre à Rêves, la Trilogie de Jehowah, Notre Mère qui êtes aux Cieux, Le Dernier Chasseur de Sorcière sont autant de chefs d’œuvres, mais il n’ ya rien à jeter… C’est un auteur volontiers iconoclaste. Soyez Prévenu.

 

Haruki Murakami, (ne pas confondre avec Ryu Murakami) est un auteur japonais de Fantasy Urbaine et de fantastique, genre que l’on a parfois qualifié d’ « insolite », publié au Seuil et chez Belfond. Ecrivain majeur du Japon contemporain, il est très largement traduit. Chez lui, l’étrange s’introduit dans la réalité quotidienne la plus banale où, la porte du snack-bar donne aussi bien sur la rue que sur un monde différent subtilement du notre où le personnage va finir par se sentir comme perdu. Son introduction dans l’imaginaire procède d’un gauchissement progressif de la réalité qui métaphorise la « perte de pied » de l’homme contemporain dans une société qui semble de plus en plus lui échapper.

 

Ce guide subjectif présenterait à mes yeux un manque cruel si je ne mentionnais pas Mark S. Geston.

Il nous laisse quatre livres des plus remarquables : Les Seigneurs du Navire-Etoile, Hors de la Bouche du Dragon, La Guerre des Thaumaturges et L’Etoile de Ferrin. Quatre livres d’un pessimisme abyssal et totalement déprimants tant le désespoir y est absolu, irrémédiable. Ces romans parurent en 2 volumes au CLA. On les trouve d’occasion sans trop de peine et pas trop cher pour des livres de cette collection prestigieuse… Ils n’ont jamais été réédités. A côté de Geston, Disch est un joyeux lurron (Il s’est suicidé) et Barry Malzberg un constructiviste enthousiaste ! Il va sans dire que les livres de Geston n’ont pas vraiment rencontré le succès commercial auquel leur qualité aurait pu les faire prétendre…

 

Dans la très bonne, mais hideuse, collection aventures fantastiques que dirigea Richard D. Nolane chez Garancière et que nous avons déjà évoquer ici (Imaro, Hrolf Kraki) on notera en passant L’Empire du Pape Blanc l’un des premiers romans de Christian Jacq mais surtout on retiendra l’étrange trilogie de Viriconium de M. John Harrisson qui est l’application la plus poussée de la New Wave des années 60/70 à l’heroic Fantasy : La Cité Pastel, Le Signe des Locustes et Les Dieux incertains. Là encore, il y a de quoi décontenancer l’amateur de fantasy traditionnelle qu’il soit tendance Conan, Tolkien ou Roi Arthur… Il va sans dire que le terme « heroic » ne s’y prête guère. L’écrivain de SF plutôt classique Charles Sheffield a choisi pour personnage Erasmus Darwin, le grand-père du père de la théorie de l’évolution, pour un résultat qui mérite que l’on s’y attarde. La collection compte encore un autre roman de Poul Anderson, Trois cœurs, trois lions, aujourd’hui réédité au Belial’ ; les aventures du Docteur Nikola de Guy N. Boothby, Le Dieu Jaune de H. Rider Haggard, champion toute catégorie de l’aventure africaine, créateur de She et d’Allan Quatermain, classiques de la littérature d’aventure de la première moitié du XX° siècle. Sang Doré (1933) de Jack Williamson dont la carrière incroyable traversa trois quarts de siècle de science fiction est une autre aventure à la manière de H. Rider Haggard. Raum, roman entre vikings, démons et Table Ronde de Carl Sherrell, auteur peu connu de quelques romans autour des années 80 dont celui-ci est le seul traduit mais qui vaut largement le détour, très moderne, il donne la juste réplique au Chien de Guerre et à la Douleur du Monde avec lequel Mike Moorcock inaugura la Saga de la famille von Bek (Seghers & j’ai lu & L’Atalante).

Cette collection qui présentait, de 85 à 87, à la fois le cutting edge et les marges de la fantasy souffrit et finalement mourut de la laideur de son visuel grossier d’un jaune criard (16 titres en tout et pour tout, une collection complète pour 160 € en bon état sur e-bay (16/01/14)) et quelques titres à la boutique…

 

Il nous reste à évoquer quelques œuvres majeures de la Fantasy

 

Ainsi la trilogie de Gormenghast, château démentiel où prennent place les trois romans : Titus d’Enfer, Gormenghast et Titus Errant (Phébus & 10/18) ainsi qu’un spin off : Titus dans les ténèbres (Losfeld). La critique a comparé l’œuvre maîtresse de Merwyn Peake à Rabelais, Powys ou encore J. Swift. L’ironie grotesque règne en maîtresse sur cette œuvre sans pareille, centrée sur ses personnages à la fois très élaborés et caricaturaux à l’extrême, dont les noms sont remarquablement évocateurs. Il est rare que l’on s’enfonce aussi loin dans les terres de l’imaginaire et de la littérature la plus profonde quant à la mise en scène de la nature et des destinées humaines. On est à cent lieues de l’Heroic Fantasy car ici ne cesse de souffler la plus inquiétante étrangeté…

gormengraf

Lucius Shepard dont l’œuvre oscille entre science fiction, fantastique et Fantasy en fréquentant toujours le même espace littéraire a vu une part non négligeable de ses romans et nouvelles traduite en français, et même en première mondiale. On l’a découvert chez Denoël, en Présence du Futur et du Fantastique, alors dirigé par feu Jacques Chambon, avec cinq recueils et un roman plus intéressants les uns que les autres tandis que deux autres romans : Les Yeux Electriques et surtout La Vie en Temps de Guerre étaient publiés chez Robert Laffont, dans la prestigieuse collection « Ailleurs & Demain » que dirige Gérard Klein (Pas l’acteur, l’économiste.) Après quelques années de purgatoire, Shepard a retrouvé un éditeur en la personne d’Olivier Girard, le Maître d’œuvre des Editions du Belial’, où cinq nouveaux volumes sont parus dont un énorme recueil centré sur Le Dragon Griaule. Une gigantesque créature pétrifiée grande comme une colline dont les maléfices ne cessent pas pour autant de sourdre pour contaminer les gens vivant dans le voisinage. Un autre roman, Le Calice du Dragon, conte des événements parallèles à ceux du recueil. Qu’il s’adonne à la Fantasy, au Fantastique ou à la SF, Lucius Shepard ne se départi jamais ni de sa manière ni de ses préoccupations.

 

Autre auteur actuel, Jeffrey Ford (ne pas confondre avec Jeffrey Lord, signature des « Blade », chez Gérard de Villiers puis Vauvenargues.) est tout aussi intéressant. Plutôt que de rabâcher à l’envi je vous convie à lire ma critique de Physiognomy, qui a obtenu le World Fantasy award (J’ai Lu, Millénaires) sur le site des éditions du Belial’ www.belial.fr/blog/physiognomy Ce roman a connu deux suites : Mémoranda et L’Au-delà. (J’ai Lu)

De Jeffrey Ford, on peut également lire une moderne transposition du célèbre Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde, intitulé Le Portrait de Madame Charbuque chez Pygmalion et au Livre de Poche. Un roman fantastique à caractère policier est paru en « Lunes d’encre » Chez Denoël : La fille dans le verre.

 

Pour conclure cette longue promenade dans les jardins de la Fantasy, il reste une trilogie des plus remarquables à évoquer. La trilogie de Corlay. (Denoël, Présence du Futur)

Science Fantasy ? Peut-être. L’histoire est clairement inscrite dans le futur de l’Angleterre. Richard Cowper, l’un des plus brillants représentants de la SF britannique des années 70, est le pseudonyme de Colin Murry, fils du critique John Middleton Murry qui fut l’époux de Katherine Mansfield. La Route de Corlay, La Moisson de Corlay et Le Testament de Corlay sont les suites de l’une des plus belles nouvelles de Fantasy, que l’on peut lire dans « La Grande Anthologie de la Fantasy » en compagnie de bon nombre de textes de grande qualité, Le Chant au porte de l’Aurore qui constitue le préambule de cette trilogie empreinte de philosophie chrétienne. Là encore, il vous faudra repasser si vous aimez la Fantasy « à grands coups de haches ! » et , le cas échéant, vous tourner vers David Gemmell. L’œuvre de Cowper est relativement peu abondante mais largement traduite et compte en outre quelques excellents recueils et deux autres romans, chez Denoël également, ainsi que trois romans de SF un peu moins ambitieux, Kuldesak, Futurama, Presse de la Cité, Clone, Tritres SF, J-C Lattès et Les Cavernes du Sommeil, Opta, Galaxie-bis.

 

La Fantasy compte parmi ces œuvres fondamentales deux chefs d’œuvre de la littérature mondiale, toutes catégories confondues et considérés comme des classiques absolus des littératures pour la jeunesse. Il s’agit bien entendu d’Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll et de Peter Pan de James Matthew Barrie ainsi que des diverses suites que les auteurs ont donné. Ne pas les mentionner eut été rien moins que blasphématoire !

 

Et au bout du bout, trois livres récents, qui n’ont pas encore eu le temps de faire leur trou. Tout d’abord, Osama, de l’Israélien Lavie Tidhar, publié en américain et qui a été traduit chez Panini Books – Eclipses. Chroniqué par mes soins dans le dernier Bifrost N° 73 (Spécial Lovecraft, SDEP) où un détective privé recherche l’auteur d’une série de romans d’action dans un univers d’ombres et faux semblants où s’agitent les fantôme du 11/09. Un ton qui n’est pas sans rappeler Christopher Priest. (World Fantasy Award 2012)

Toujours chez Panini Books –Eclipse, notons D’obsidienne et de sang, une Fantasy précolombienne d’Aliette de Bodard à la couverture particulièrement hideuse. (réédition 2013 d’un livre de 2011, inchangé) On notera qu’avec De Bodard, puis Tidhar et Okorafor, Panini Books permet au public français de découvrir les meilleurs nouveaux auteurs de Fantasy anglo-saxons.

Mausolée, de Christian Chavassieux, chez Mnémos est un livre plutôt sombre dans une Europe d’après les guerres… où même les livres se prennent à mourir dans une forteresse au croisement du palais de la reine Glorianna (Moorcock) et du Bunker Palace Hôtel de Bilal (voilà qui devrait parler aux nombreux amateurs de BD de la librairie…) et où s’agite tout un monde dangereux. Sûrement l’un des meilleurs livre français de l’année dans l’imaginaire.

Chez Panini Books – Eclipses encore, Qui a peur de la mort ? de l’Américaine d’origine nigériane Nnedi Okorafor  est une Fantasy féminine âpres inspirée des tristes réalités africaines contemporaines. Devrait être chroniqué dans le prochain Bifrost N° 74 (avril 14) par Thomas Day qui s’est penché sur une problématique comparable dans ses propres fictions. (World Fantasy Award 2011.)

Alif l’Invisible de G. Willow Wilson, chez Buchet-Chastel est une CyberFantasy au carrefour des Mille et Une Nuits et des printemps arabes. Journaliste et auteur de BD trentenaire, diplômée d’Histoire et d’Arabe, ayant vécu au Caire et convertie à l’Islam, elle est lauréate du World Fantasy Award 2013 pour son premier roman.

Les trois derniers WFA récompensent donc des œuvres où la Fantasy est en prise avec la réalité contemporaine. Le sigle SF signifierait-il désormais Speculative Fantasy ? Il est certain que la Fantasy ait tout à y gagner sur le plan littéraire, sur le plan commercial, c’est une tout autre histoire.

 

La boucle est bouclée comme dirait Fritz Leiber.

Fantasy

Posted by Lionel - in ACTUALITES - No Comments

 Un guide de lecture tout à fait subjectif.

Bonjour,

Lors de la soirée à la librairie Véga, pour l’inauguration de l’expo Corto Maltese, plein d’auteurs et de bouquins furent évoqués et il avait été envisagé de prendre quelques notes mais, au milieu des conversations à bâtons rompus, il n’y a pas eu de moment propice à cela.

Alors je vous ai concocté un joli petit mémo qui finit par perdre tout sens des proportions, sachant que j’apprécie l’Heroic Fantasy, Le trône de fer et surtout des œuvres originales en marges des sentiers battus mais fort peu les tolkienneries et autres histoires de « quêtes, de nains et de haches ».

Il ne faut prendre ce guide que pour ce qu’il est, outre le reflet de mes goûts en la matière, une promenade, une dérive à travers et au bord de la Fantasy… Une flânerie littéraire, comme dans une librairie, une œuvre en appelant une autre, loin de toute organisation et classification rigide ; comme on peut montrer ce qu’on aime à des copains, avec un art parfois consommé du coq à l’âne… Une longue balade dans l’imaginaire.

 

La première chose. Bifrost est une revue trimestrielle consacrée à l’imaginaire dirigée par Olivier Girard depuis 1996 où je publie régulièrement des critiques depuis une quinzaine d’années dont celle du premier volume du Trône de fer. « Il est conseillé de s’abonner à la revue » C’est le nerf de la guerre… C’est la meilleure (je suis sérieux) mais il y a trop peu de concurrence. On y trouve quelques nouvelles en première partie, puis une revue critique des bouquins du trimestre, puis un dossier bio-bibliographique sur un auteur ou thématique et diverses autres rubriques. Le champ de la revue comprend la science-fiction, la fantasy, le fantastique/horreur et les transfictions. Le revue est publiée par les éditions du Bélial’, dirigée aussi par Olivier qui publie 6 à 8 romans ou recueils par an, les mois où Bifrost ne paraît pas. Il y a bien entendu comme dans toute boîte moderne un site : www.belial.fr avec sous l’onglet Bifrost, la rubrique « Les Critiques » qui reprends les critiques des anciens numéros de la revue.

 

La deuxième chose. Il y a quelques années, Folio/Gallimard a publié trois guides dans Folio SF dirigé par Pascal Godbillon, (originaire de Tartagol IV)1.

  1. Cartographie du merveilleux de André-François Ruaud (le premier type qui m’ait publié dans son fanzine d’alors, Yellow Submarine.) aujourd’hui fondateur et directeur des Moutons Electriques Editeurs. Il est quelqu’un de très brillant dont la sûreté de goût a bien peu d’équivalent. Ce guide présente la fantasy en tant que genre suivi d’un guide lecture.
  2. Passeport pour les étoiles est un guide de la Science fiction établi par Francis Valéry qui sait de quoi il parle notamment en matière de SF classique.
  3. Enfin, La Bibliothèque de l’entre-monde de Francis Berthelot, l’un des rares à rivaliser avec Aëff Ruaud par l’intelligence et la finesse ; lui ne publie ni n’édite les autres, par contre, il écrit. Bien, c’est un euphémisme. Son œuvre principale est « La romance du démiurge », aujourd’hui dispersée chez divers éditeurs, elle devrait être rééditée au Belial’ en 2014 ou 2015 (je crois que c’est un problème de droits qui retarde le projet.) Francis a élaboré le concept de « transfiction » pour désigner des fictions spéculatives à cheval sur l’imaginaire et le mainstream (littérature générale, blanche, hors genre etc.) Citons quelques auteurs pour donner une idée : Julien Gracq, Haruki Murakami, James G. Ballard, Franz Kafka, Dino Buzzati, Italo Calvino, William Burroughs, Anthony Burgess, Jorge Luis Borges, Paul Auster, Chuck Palahniuk, Thomas Pynchon, Kurt Vonnegut, Christopher Priest. Christopher Moore & Eduardo Mendoza ne sont pas dans le guide de F. Berthelot mais ils y auraient eu leur place ; ils ont tout deux une tendance marquée à l’humour.

 

Lors de leur naissance, Les Moutons Electriques Editeurs (sur lesquels nous reviendrons) publièrent un Panorama Illustré du Fantastique et du Merveilleux qui, forcément, puisque l’auteur, André-François Ruaud, est le même, recoupe plus ou moins la Cartographie du merveilleux. Néanmoins, si vous avez l’occasion de vous procurer ce bel ouvrage devenu rare (ce ne sera pas facile) il serait dommage de passer à côté et manquer l’avis d’un des meilleurs (si ce n’est le meilleur) connaisseurs hexagonaux de la Fantasy.

 

 

Reengineering.

 

Guy Gavriel Kay est un cador de la fantasy historique. On trouve ses livres traduits en français principalement à l’Atalante et chez l’éditeur canadien Alire, chez qui on peut commander sans frais de port mais avec un bon mois de patience (expédié par vois de surface, c’est à dire en bateau !).

Tigane est une fantasy inspirée de la Renaissance italienne.

Une chanson pour Arbonne est située en France

Les Lions de Al Rassan dans une Espagne alternative à l’époque de Ferdinand & Isabelle.

La mosaïque Sarantine (Voile vers Sarance (Alire) & Seigneur des Empereurs) le titre du premier tome est différent chez Buchet-Chastel et moins beau. Epoque Byzantine.

Ysabel (pas lu) joui d’une excellente réputation mais j’ai lu une critique le trouvant un peu lent et manquant de rythme.

Sous le ciel, (pas lu) son dernier livre (Alire), est situé dans une Chine historique sûrement alternative appelée Kitai. (comptez $ 35 canadiens).

 

L’Héroic Fantasy (sword and sorcery tales)

Des héros du genre costaud qui manie volontiers l’épée ou la hache pour métamorphoser les méchants sorciers en mou pour chat.

 

A l’origine EDGAR RICE BURROUGHS le créateur immortel de TARZAN.

A l’époque de la première guerre mondiale il a crée outre Tarzan, divers héros, parmi lesquels David Innes, dont les aventures sont situés en Pellucidar, un monde préhistorique avec monstres et tout, situé au centre de la Terre, probablement inpiré par Jules Vernes. John Carter, récemment adapté au cinéma, est projeté sur Mars où il séduit des princesses et affrontent des martiens à quatre bras etc. Le Cycle de Mars est actuellement disponible pour moins de 60 € en totalité chez Omnibus en 2 volumes. Même genre d’aventures pour Carson Napier, mais sur Vénus. Il existe aussi un Cycle de la Lune du même tonneau… (Beaucoup de ces cycles furent publiés chez Lefranc dans les années 90, pas faciles à dénicher et souvent plutôt chers)

 

Leigh BRACKETT sera l’une des plus brillantes héritières de E. R. Burroughs avec les aventures d’Erik John Stark, (on est plus proche du plane topera, histoires qui se déroulent sur d’autres planètes.) dont un deuxième tome est

prévu au Belial’ début 2014.

 

L’autre créateur de la Fantasy en tant que littérature populaire est Abraham MERRITT, né en 1884 dans le New Jersey et mort en 1948 dont presque toute la production est disponible en français. 1 volume au CLF/Opta (cher). 4 romans chez J’ai lu (faciles à trouver d’occasion et bon marché : La nef d’Ishtar, Le Gouffre de la Lune*, Les Habitants du Mirage et Le Visage dans l’Abîme (que l’on trouve aussi en Albin Michel – science fiction). D’autres romans d’occasion sont à chercher chez NéO (nouvelles éditions Oswald) plus rares et plus onéreux Sept pas vers Satan ; Rampe Ombre, Rampe ; Brûle Sorcière, Brûle ; La femme renard ; et Le Monstre de Métal* ainsi que le recueil La femme du bois. (* EOF (édition originale française) au Rayon Fantastique) Il existe aussi 2 tomes des Œuvres Complètes chez Lefranc. Les 4 j’ai Lu sont construit sur le même modèle : des explorateurs/aventuriers découvrent une porte vers des civilisations passées, oubliées, inconnues, telle l’Atlantide, Mu etc.

 

C’est ROBERT ERWIN HOWARD (1906/1036 (Texas)) que revient l’honneur d’avoir posé les canons de l’Heroic Fantasy avec nombre de héros dont Conan reste l’archétype. Proche de H. P. Lovecraft (Rhodes Island, nouvelle Angleterre) et de Clark Ashton Smith (Californie), il diffère d’eux par la vitalité de ces héros qui, s’ils meurent, le font debout, en faisant face jusqu’au bout… Outre Conan, il a créé Bran Mak Morn le Picte, le roi atlante Kull, Solomon Kane et nombre d’autres qui quittent le domaine de la fantasy pour le récit d’aventures pure et simple. Patrice Louinet, devenu proche de Glenn Lord, l’exécuteur testamentaire de R. E. Howard, a eu accès aux meilleures sources pour retraduire, présenter et commenter l’œuvre de cet extraordinaire conteur que fut le Texan. Un travail remarquable chez Bragelonne en une dizaine de tomes.) Marianne Leconte a publié en Titres SF, chez J-C Lattès, Les aventures de Conan au sens large, c’est à dire celles écrites par R. E. Howard, évidemment, mais aussi celles notamment complétées par Lin Carter et Lyon Sprague de Camp, voire juste inspirées… Un grosse quantité (35 volumes, assez minces il est vrai) de l’œuvre de Howard ont été publié chez NEO à l’exclusion de Conan, justement.

 

J’ai dit que je ferais l’impasse sur J. R.R. Tolkien, les tolkienneries et autres gemmelleries…

 

Parmi les principaux cycles de l’heroic fantasy on compte :

 

  1. Le Cycle des Epées de Fritz Leiber (à ne pas confondre avec L’Epée de Vérité de Terry Goodkind, je passe) écrit de 1939 aux années 1980 et comprend Sept tomes (Epées & Démons, Epées & Mort, Epées & Brumes, Epées & Sorciers, Royaume de Lankhmar, Magie des Glaces et Le Crépuscule des Epées.) Le cycle n’est complet qu’en Pocket, la dernière édition en date est celle de Bragelonne, la plus luxueuse est la première au CLA (opta) en 2 volumes, la plus belle est selon moi celles des éditions « Temps Futur » chez qui on trouvera aussi le cycle de Pellucidar d’E. R. Burroughs et en 3 tomes au CLA (très chers). Le cycle des Epées conte les aventures de Fafhrd et du Souricier Gris, aventuriers et voleurs qui appartiennent à la pègre de Lankhmar. Des héros de roman noir transposés dans un univers de fantasy avec une touche d’humour qui ne nuit en rien.
  2. KANE de Karl Edward WAGNER 3 tomes de 600 pages chez Denoël Lunes d’Encre GdF et Folio SF en poche. Ecrit de la fin des seventies aux early eighties, c’est également assez sombre. Kane cumule, lui. Il est, un peu comme Elric, à la foi sabreur et sorcier, proche de Conan par sa vitalité (il est quasi immortel) et comme fafhrd et le Souricier pas plus porté à faire le bien que ça… Trois romans, une quinzaine de nouvelles.
  3. IMARO de Charles L. Saunders. Auteur né américain vivant au Canada, il est l’une des très rares auteurs Noirs du genre. Ses origines ethniques ont influencé la création d’Imaro, héros africain en butte aux magies sorcelleries et mythologies du continent noir. 3 volumes étaient parus aux feues mais excellentes éditions Garancière dirigées par Richard D. Nolane dont l’esthétique laissait pour le moins à désirer. Les Bouquins n’étaient pas moches, ils étaient carrément affreux !! Mnémos vient de rééditer une intégrale complétée en hard cover fort belle, celle-ci, mais un peu chère tout de même € 35, 00.
  4. ELRIC ( Eternel Champion, Hawkmoon (7 tomes), Corum (6 tomes) et autres avatars, Multivers Moorcockien) 4 tomes pricipaux (Elric le Nécromancien, La sorcière Dormante, L’Epée Noire & Stormbringer) et de nombreuses séquelles commerciales (La jeunesse d’Elric, le navigateur sur les mers du destin, la revanche de la rose. La dernière a été co-écrite avec le français Fabrice Colin.) MOORCOCK est l’archipape de la Fantasy, au moins. Elric et ses nombreux avatars sont du genre neurasthénique et dégénéré, appartenant à des races finissantes comme celle de l’empire de Melniboné. Elles ont régné sur le monde mais l’âge de leur splendeur s’est enfui dans les limbes du passé. Ces anti-héros sont plus proches de ceux de Clark Ashton Smith que de Howard. Ils sont davantage possédés par leurs béquilles qu’ils ne les possèdent. Ainsi Elric et son épée noire buveuse d’âme, Stormbringer, qui préfère entre toute les âmes des gens pour qui Elric a quelques affection, Cymorill, Tristelune… Elric et consorts sont nés sous le signe du Chaos mais l’âge de celui-ci passe et ils sont bien contre leur volonté les agents de l’avènement d’un ordre nouveau.
  5. Les Cycles D’AMBRE de Roger ZELAZNY ; 2 X 5 tomes chez Denoël, Présence du futur. Le premier est un chef d’œuvre de la fantasy, le second, une suite sans grand intérêt dictée par la réussite du premier. Zelazny n’est pas à proprement parler un auteur d’heroic fantasy, plutôt de science-fantasy dont il est l’un des maîtres incontesté. Qu’on classe ses œuvres en SF ou en fantasy, elles tendent toujours vers la fusion des deux. Une époque où la technologie est telle qu’elle ressemble à de la magie. Et puis une télécommande ne ressemble-t-elle pas à une baguette magique ? on la tend vers quelque chose et hop, un effet se produit !! voire une commande vocale, ça frise l’incantation… Il y a AMBRE est ses Ombres, des échos, des univers parallèles, des princes en veux-tu en voilà, et des luttes pour des pouvoirs quasi divins. Parce que le héros zélaznyen, quand il n’est pas un dieu à part entière n’en est jamais bien loin et souvent immortel… tel Francis Sandow. On retiendra Seigneur de Lumière (mythologie hindoue), Royaume d’Ombre et de Lumière (Mythologie Egyptienne) Toi, l’Immortel (Grèce) L’œil du Chat (mythologie amérindienne du nord), Le maître des rêves (pouvoirs démiurgiques de la psychanalyse), un Pont de Cendre, Seigneur des Ombres, L’Îles des morts, Aujourd’hui, nous changeons de visage, La Pierre des Etoiles, Le Sérum de la Déesse Bleue. Et enfin, Dilwish, le Damné (Denoël, Lunes d’Encre) seule viritable heroic fantasy de Zelazny avec un héros carrément revenu de l’enfer…

Il faut privilégier malgré le prix les 2 volumes en Lunes d’Encre (peut-être réédités chez folio SF) pour les traductions révisées et COMPLETEES. Ben Oui !

 

 

Je passe sur George R.R. MARTIN puisque vous connaissez Le trône de Fer (Game of thrones). Son Œuvre hors Trône de Fer est encore plus intéressante. Armagueddon Rag, (denoël) Fantastique, Rock & Contre Culture sixties. Elle Qui Chevauche les Tempêtes (Denoël) (ou Windheaven (J’ai Lu)) Co-écrit avec Lisa Tuttle, une jeune fille douée veut voler sur un monde aquatique où les ailes sont l’apanage des hommes. L’Agonie de la Lumière (J’ai Lu), planet opera violent et romantique, RiverDream (Mnémos), Vampires, Mississipi et bateaux à aube. Le Volcryn (Huis clos en astronef avec monstre, de la SF, pas de la Fantasy) et Skintrade (Polar chez les loups garous), chez actu SF. Et surtout les nouvelles. 3 recueils chez J’ai lu : Chanson Pour Lya, Des Astres et des Ombres, et Les Rois des Sables. Et deux autres chez ActuSF : Le Dragon des Glaces et Au Fil du Temps dont on retiendra particulièrement le diptyque composé par Forteresse et Assiègés, centré sur la chute de la forteresse de Sveaborg défendant Helsinki qui s’est rendue aux Russes sans combattre à l’époque napoléonienne. Et surtout Variantes Douteuses où apparaît l’intérêt de Martin pour le Jeu d’échecs, encore un huis clos très psychologique.

 

Rouge, Impair, Impasse & Manque.

 

Je passe sur les diverses « artureries » Stephen Lawhead, T. H. White…

Et je passe sur les innombrables « bragelonneries » Raymond E. Feist, Terry Goodkind ou Terry Brooks

Ainsi que sur Robin Hobb…

Et la fantasy féminine dont au moins 90% ne m’intéresse pas (Mc Caffrey (Pern), Zimmer Bradley (ténébreuse)… sans parler de la « Pink Fantasy »

(a une époque Pocket a publié de la fantasy féminine en masse : Gail Van Asten, Robin McKinley, E.Scarborough etc. avec un logo « Fantasy » ROSE ! cqfd.)

 

Il y a encore de la bien belle matière à lecture…

 

Gene WOLFE, par exemple. Quand on classe comme je le fais ici, Wolfe apparaît proche de Zelazny quand on le lit, il en est fort loin. Wolfe est un catholique fervent. Il a parfois des curés comme héros qui à l’occase joue les monte-en-l’air chez les caïds de la pègre de l’astronef-monde… Dans Le Livre du Long Soleil (4 tomes, J’ai lu et Livre de Poche)

Le livre du Nouveau Soleil (Denoël, 4 tomes) + Le Livre du Nouveau Soleil de Teur est thématiquement proche du cycle précédent mais celui-ci est sa plus belle réussite, non que l’autre soit médiocre…

Avec le Diptyque Le Chevalier et Le Mage on est encore davantage en terre de Fantasy, mais, comme toujours chez Wolfe, c’est une œuvre complexe, riche et foisonnante.

Soldat des Brumes est un cycle de Fantasy historique situé dans la Grèce antique dont la complexité fera pâlir d’envie de haine de rage et de jalousie les mille et un tâcherons qui écrivent (enfin, qui torchent) avec leurs pieds…

La Cinquième Tête de Cerbère n’est pas une Fantasy, c’est de la pure SF. Un planet opera qui nous laisse comme deux ronds de flanc ! Il y a là un certain art de l’ellipse. Voire un art certain.

Et aussi Peace, les sortillèges de Castelview, Il y a des Portes.

 

Je ne vais pas m’étendre sur le cycle d’Alvin le Faiseur d’Orson Scott CARD parce que je ne l’ai pas lu, même pas un volume. Mais Card, dont j’ai lu la SF en bonne partie, est l’un des meilleurs raconteurs d’histoire qu’il m’ait été donné de lire. Il affectionne les héros très jeunes, enfants ou adolescents. Son cycle de Fantasy jouit d’une très bonne réputation ; je me suis promis de le lire un jour et je crois qu’on peut y aller sans trop de risque d’être déçu sous réserve de n’être pas un fan de la série Gor de John Norman (Ce qui se fait de pire en matière de Fantasy machiste et con et qui plus est aussi mal écrite que mal traduite.) Card a aussi donné Espoir-du Cerf chez Denoël, en présence du Futur, livre qui mérite un détour selon mon souvenir.

 

L’œuvre principale de feu Robert HOLDSTOCK est La forêt des Mythagos. En Angleterre, dans le bois de Rihope qui n’apparaît sur aucune carte ni ne peut être photographié, existent des incarnations des divers mythes de la culture britannique. L’ensemble qui est disponible chez Denoël Lunes d’Encre en 2 forts volumes que complète Avilion comprend La forêt des Mythimages (Mythagos), Lavondyss, Le Passe-broussailles, La Femme des Neiges, La Porte d’Ivoire et Avilion.

Parmi ses autres livres, on retiendra La Chair et l’Ombre, Le souffle du temps (science-fiction) et le recueil Dans la vallée des statues et autres récits. Tous chez Denoël, repris en Folio SF chez Gallimard.

 

Michael MOORCOCK 2. L’œuvre d’heroic fantasy de Moorcock est d’une part celle de l’auteur jeune, d’autre part des exploitations commerciales ultérieures. Fort heureusement, il est loin de s’y être cantonné.

Il y a la saga de la famille von Bek qui comprend Le Chien de Guerre et la douleur du monde (l’Atalante) ou Le Chien de Guerre (J’ai Lu et Seghers) où l’un des membres de la famille se voit confié par Satan la difficile mission de négocier la paix avec Dieu, surtout quand Arioch, le Seigneur du Chaos, s’en mêle… A une époque plus récente, on retrouve un des ses descendants dans La Cité des Etoiles d’Automne (l’Atalante & Pocket).

La Maison de Rosenstrasse appartient au cycle mais c’est un roman publié chez J’ai Lu comme roman érotique – vous voilà prévenu. Quant à La fille du Voleur de Rêves où l’on patauge à travers tout le multivers moorcockien, jusque Tanelorn et où un von Bek croise Elric, il est très dispensable.

Glorianna ou la Reine Inassouvie est l’un des romans les plus aboutis de Mike Moorcock avec tout ce qu’il faut d’intrigues de palais dans un palais gigantesque qui est un univers à lui seul, dans une époque élisabéthaine alternative (l’Atalante et Folio SF). On pourra y voir quelques traces de Gormenghast, Moorcock nourrissant une réelle estime pour Merwyn Peake que l’on retrouvera plus avant.

Les Danseurs de la Fin des Temps (Denoël Lunes d’Encre) est un fort volume omnibus qui reprend Une Chaleur Venue d’Ailleurs, Les Terres Creuses, La fin de tous les Chants et le recueil Légendes de la Fin des Temps (Denoël, Présence du Futur) est l’un des cycles les plus réussi de Moorcock où l’on croise Jherek Carnelian, autre avatar de l’éternel champion, et bien d’autres personnage qui ne savent plus quoi inventer pour meubler leur ennui pour découvrir que les sentiments peuvent occuper pas mal de temps et d’energie plutôt que fêtes et carnavals… quelques voyageurs du temps leur rendent visite pour pimenter la sauce. Moorcock est là à son sommet. Attention ! Pas d’épées ici, et si on meure, c’est pour rire.

Le nomade du temps (Folio SF) est le dernier titre d’une trilogie dont le premier fut Les Aventures Uchroniques d’Oswald Bastable (CLA, Opta. Edition de luxe originale en français, comptez 50 euros). Cette trilogie comprend trois romans : Le Seigneur des Airs, Le Léviathan des Terres et le Tsar d’Acier. (Opta antimonde (tome 1 & 2), Opta Galaxie bis, Pocket). On considère cet ensemble comme l’un des précurseurs du mouvement Steampunk.

Le Chaland d’Or est la première tentative ambitieuse de Moorcock (l’Atalante et Folio SF) qui est plutôt une réussite.

Les rives de Crépuscules est ce qui s’apparente le plus à de la SF parmi l’œuvre traduite (ainsi que Le Jeu du Sang (galaxie bis, Opta)) On y trouve les prémices des «Danseurs » sur une Terre du futur très lointain qui a cessé de tourner. Un livre à comparer, tout comme « les Danseurs » avec l’œuvre de Roger Zelazny…

Une autre œuvre de Moorcock issue du même tonneau est Le Navire des Glaces (CLA/Opta, Livre de Poche 1° série, Pocket) qui nous conte les aventure de Konrad Arflane sur une Terre envahie par les glaces que sillonnent des voiliers sur patins à glaces. Mon écrivain préféré, Keith Roberts, a été tellement séduit par cet univers qu’il a écrit deux très belles nouvelles s’y rattachant : «Coranda » et « Le Naufrage de la Garce au Baisers ». S’il faut classer ces deux derniers romans, on dira que c’est de la science fiction mais une SF que peuvent lire sans problème les amateurs de fantasy.

Comme le cycle d’Elric, Les Aventures de Jerry Cornelius (ma critique dans Bifrost N° 19) comptent quatre volumes principaux et un certains nombres d’autre texte s’y rattachant. Davantage une « fantaisie » contemporaine que de la fantasy fut-elle urbaine. Ni anges ni vampires (Oh… il y a Miss Brunner, bien sûr… et Catherine et Una Persson et…) Par contemporaine, il faut comprendre des années d’écriture : celles du Swinging London. 1965/1977. C’est écrit et construit selon les canons du nouveau roman. La structure en est éclattée. C’est absolument génial mais attention ; des gens ne jurant que par le Trône de Fer et des récits à la construction linéaire de facture bien plus classique pourraient fort bien non seulement ne pas y trouver leur compte, mais trouver Jerry Cornelius carrément Nul et Illisible. Le premier tome, Le Programme Final est encore relativement linéaire ; Des chroniqueurs ont qualifié Jerry Cornelius de James Bond pop et décadent. Ces aventures sont aussi une déclinaison de la Comedia dell’Arte où Jerry se voit en Arlequin alors qu’il est Pierrot pleurant son impossible amour pour Colombine (sa sœur Catherine) alors que le véritable Arlequin reste Una Persson. Le second tome est Une Cure pour le Cancer, suivide L’Assassin Anglais et finissant avec Vous aimez la Muzak ?.

Le personnage de Jerry Cornelius a été prêté par Moorcock à d’autres auteurs de la nouvelle vague des sixties tel Norman Spinrad, Brian W. Aldiss, M. John Harrison etc. pour constituer une anthologie intitulé The Nature of the Catastrophe (Non traduite en tant que telle). Cette fameuse catastrophe est bien sûr de nature entropique. L’Accroissement de l’entropie étant l’une des obsessions de la SF de l’époque. Moorcock a aussi donné un recueil non traduit : The Time and lives of Jerry Cornelius. Et d’autres textes, notamment The Entropy Tango et The adventures of Una Persson and Catherine Cornelius in the Twentieth Century.

Michael Moorcock a écrit un autre roman extraordinaire Mother London (traduit sous ce titre Denoël Lunes d’Encre, Folio SF) dont la structure n’est pas linaire sans toutefois être aussi éclatée et kaléidoscopique que « Jerry Cornelius ». On effectue « simplement » des va et vient entre divers périodes et moments dans le Londres de la seconde moitié du 20° siècle. Du Blitz aux années Thatcher. Le personnage principal est bien entendu la ville de Londres en soi. Les autres sont des télépathes qui « entendent » le brouhaha des pensées de leurs concitoyens. Fantasy urbaine, Transfiction, Hymne à Londres, on peut difficilement être plus loin de la notion d’heroic fantasy. Ce formidable roman, chef d’œuvre de la maturité pour Moorcock ne peut guère qu’être comparé à cet autre monument de la littérature londonienne qu’est London Orbital de Iain Sinclair (traduit sous ce titre chez Inculte).

Reste la formidable Tétralogie Between the Wars qui comprend Byzantium Endures (traduit sous le titre Byzance 1917 chez Jean-Claude Lattès) The Laughter of Carthage, Jerusalem Command & The Vengeance of Rome (Ces trois non traduits, SCANDALE !!!!) Il s’agir principalement d’une uchronie liée par la présence de certains personnages au cycle de Jerry Cornelius mais qui, comme Mother London, a davantage à voir avec des romans historiques revisitant le 20° siècle, ici la Révolution Russe. Les Tomes non traduits qu’il ne m’a pas été donné de lire « doivent ? » couvrir la période entre les deux guerres si l’on se fie au titre de la tétralogie.

 

Dans le domaine de la Fantasy, Philip José FARMER a donné, avec la Saga des Hommes-Dieux, quelque chose qui s’y apparente quoique l’on soit en fait dans la science-fiction. Cette saga compte sept tomes : Le faiseur d’Univers, Les Portes de la Création, Cosmos Privé, Les Murs de la Terre, Le Monde Lavalite, Plus fort que le Feu, La Rage d’Orc le Rouge.

L’Univers à l’Envers est un petit roman sur l’Enfer, à cheval sur la Fantasy et la SF publié chez j’ai Lu. Et enfin, Hadon, fils de l’antique Opar et Fuite à Opar, sont des Fantasy africaines qui renouent avec l’univers de Tarzan qui à énormément inspiré Farmer. Chacun son Tour (titres SF/ J-C Lattès) ou L’autre voyage de Phileas Fogg (Terres de Brume) est une relecture du roman de Jules Verne, de la SF donc, mais qui a tout pour plaire à l’amateur de Fantasy telle que je la conçois…

 

Et puisqu’on en est à Terres de Brumes qui publie pas mal de « matière de Bretagne » et autre Fantasy, Je ne peux m’empêcher de citer un e authentique chef d’œuvre, la merveille de Fredric Brown :La Nuit du Jabberwock. Un polar, en fait, déguisé en une Fantasy hommage à Lewis Caroll. Incontournable. Facile à trouver d’occase chez j’ai lu pour trois fois rien…

 

IMPASSE

Sur les cycles sans fin d’auteurs morts

TERRY PRATTCHETT & ROBERT JORDAN

Ainsi que sur

Philip PULLMAN : A la croisée des mondes

C.S. LEWIS : Narnia

Ou encore vivants

J.K. ROWLING ; Harry Potter

Tad WILLIAMS : L’Arcane de l’Epée

 

Contemporain de Robert E. Howard, Howard Philips Lovecraft et Abraham Merritt, pilier de la revue WEIRD TALES de Farnworth Wright (qui découvrit, excusez du peu, Tenessee Williams : The vengeance of Nitocris sous la signature de Thomas Lanier Williams, son nom d’état civil, en fait, dans numéro d’août 1928.), CLARK ASHTON SMITH est considéré par certain comme « le plus grand écrivain fantastique américain avant Lovecraft ». Ainsi écrivait Alain Dorémieux dans la présentation du roman de Fritz Leiber Notre-Dame des Ténèbres, Casterman 1980. Bien qu’ayant la plus grande estime pour l’auteur d’Auburn, CA, Je ne suivrai pas Alain Dorémieux car ça impliquerait de faire l’impasse sur Edgar Alan Poe ! Sans parler d’Ambrose Bierce. La particularité de Smith est d’être sur la frontière qui sépare le Fantastique de la Fantasy (au sens français). En effet, nombre de ses récits sont situés en Zothique, Xicarph ou hyperborée, autant de continents disparus ; ou encore en Averoigne, cette province française qui n’exista jamais. Le monde imaginaire de Smith s’apparente donc plus à celui d’Howard qu’à ce lui de Lovecraft, il est peuplée de vampire, de lamies, de goules et bien sûr de sorciers en veux-tu en voilà. « Les œuvres de Smith se démarquent de celles des autres membres du cercle lovecraftien par ce qu’elles bannissent les scènes de combats et les démonstrations de force physique (contrairement à Robert E. Howard) et mettent le plus souvent en scène des sorciers, démons, vampires, au milieu de décors plus somptueux, de mondes perdus et oubliés. » (Wikipedia) Le destin de ses personnages est davantage lovecraftien même si le plongeon dans l’horreur n’y est pas aussi indicible. On trouve chez le californien un sens moral absent de l’œuvre du reclus de Providence. Chez Lovecraft, l’horreur s’abat sur qui par malchance et curiosité incrédule soulève le coin du voile ; chez Smith, c’est une ambition souvent dévorante qui voit le sorcier dévoré par ce qu’il a invoqué en connaissance de cause mais qui finalement le dépasse.

Autres Dimensions, Christian Bourgois, difficile à trouver et cher.

Poseidonis , Librairie des Champs Elysées, GdF, abordable

Zothique , le Masque Fantastique 2° série, poche, assez bon marché

L’Île Inconnue, Ubbo Satla, Le Dieu Carnivore 1 & 2, La Gorgone, Les Abomination de Yondo, Morthylla aux Nouvelles Editions Oswald, GdF, faciles à trouver sauf le dernier, mais assez cher comme toute la collection.

Il y a du C. A. Smith chez les micro-éditeurs La Clef d’Argent et l’Œil du Sphinx, récent, disponible, prix neuf.

Les éditions Actes Sud viennent de rééditer pour € 14,00 tout de même (11/2013) La Flamme Chantante (the City of the Singing Flame (juillet 1931) and Beyond the Singing Flame (novembre 1931) in Wonder Stories) dont une première traduction encore facile à se procurer était parue dans les Meilleurs Récits de Wonder Stories, chez J’Ai Lu, sous la houlette de Jacques Sadoul.

 

Il va désormais nous falloir évoquer la Fantasy autochtone. Avant les années 70 RIEN.

Faut admettre que ça simplifie !!

Les spécialistes les plus pointus de l’histoire du genre vous dégotteront peut-être une poignée d’exceptions (dans les guides de A. F. Ruaud ou F. Berthelot, par exemple) mais il faudra malgré tout lorgner vers les publications non spécialisées.

 

C’est ainsi que Charles Duits publia en 1971 chez Denoël (mais pas en Présence du Futur où le roman sera finalement rééditié en 1978) Ptah Hotep lequel sera suivi, en 1978 de Nefer. Deux romans éblouissants, fulgurants. Quasiment deux longs poèmes plus ou moins épiques en prose très fortement teintés de surréalisme. L’amateur de Howard ou de Tolkien s’y aventurant la gueule enfarinée risque de s’en trouver fort marri et fort désemparé. Imaginez une sorte d’Egypte ptolémaïque fantasmée repeinte aux couleurs du psychédélisme alors en vogue. Et des mots inventés et superbes, des noms, avec des majuscules… pour contribuer à la création d’une esthétique incomparable. Des livres à nuls autres pareils.

 

L’opposition de style qu’il peut y avoir entre Ptah Hotep et Nefer d’une part, et la Fantasy commune, anglo-saxonne ou non m’amène tout naturellement à une digression. L’idée me trotte sous le crâne depuis quelque temps déjà. Bref, il est une métaphore parfois employée qui parle de « galaxie littéraire », il faut alors avoir l’image d’une galaxie spirale à l’esprit : un disque renflé en son centre. Les gens on coutume de la regarder de face et d’y tracer un grand trait pour séparer non le bon grain de l’ivraie quoique certain le pense mais la « littérature générale » (blanche, bourgeoise, mainstream, la Littérature (avec une majuscule impliquant que le reste n’en est pas !)) des littératures de genre (Polar, SF, Western, Porno, Espionnage, Horreur, Fantastique, Capes et d’épées, Fantasy, Guerre (au sens d’éditeurs comme Gerfaut, ou la collection FEU, au Fleuve Noir) Aventures, Eau de Rose, etc.) et c’est ainsi que James G. Ballard ou Doris Lessing (prix Nobel 2008) côtoient Jimmy Guieu ou John Norman. Certains genres, le roman sentimental ou historique, vont se retrouver du « bon » côté de la ligne. D’autres, l’imaginaire notamment, du « mauvais ». D’Où l’émission « Mauvais genres » d’Angelier sur France Culture où l’on parle de SF, de Polar et aussi de Mangas ou de Comics etc… SDEP. Maintenant, si on examine notre galaxie littéraire par la tranche on va trouver la « Littérature Populaire » au nadir et la « littérature spéculative » au zénith. Je n’aime guère cette manière de dire mais je n’ai pas encore mieux. Cela implique que la « littérature populaire » soit inférieure à la « littérature spéculative ». Et malgré tout, j’aime bien le mot « populaire »… Ainsi, George R.R. Martin ou Robert E. Howard qui sont de foutus bons écrivains et des raconteurs d’histoires géniaux sont à classer dans le domaine « populaire », ils n’ont guère vocation à alimenter la réflexion de leurs lecteurs ; ils proposent avant tout de l’excellent divertissement (sauf exception). Leurs histoires marchent comme des vélos ou des motos. Elles n’ont que deux pattes (roues) : le Style et la Narration. C’est leur dynamique qui les tient en équilibre et en fait des récits réussis. A l’inverse, des auteurs comme Norman Spinrad, Thomas M.Disch, Jean-Pierre Andrevon, ont toujours vocation à renvoyer le lecteur au monde réel en soulevant une (ou plusieurs) problématiques de nature politique, sociale, philosophique. Mais que dire de problématiques exclusivement situées au niveau des motivations humaines, comme c’est souvent le cas dans l’œuvre de G. R.R. Martin, par exemple ? Où est la ligne de flottaison ? Ces récits tiennent debout tout seuls. Car ils tiennent sur trois pattes. Le Style, la Narration ET la Problématique. Mais la présence d’une problématique sous-tendant l’histoire ne dispense nullement d’avoir une histoire à raconter (sinon autant écrire un essai) et de la raconter du mieux possible. Le style étant à l’écriture ce que la porteuse est à une onde radio… La négligence de la narration comme celle du style furent les principaux travers du courant de la SF française au tournant des années 80 connu comme NSFPF (pour Nouvelle Science Fiction Politique Française) outre le gauchisme pour ceux qui considèrent cela comme un travers !

L’intérêt de cette vision est qu’elle permet de classer des œuvres dans un genre sans les dévaloriser ipso facto. C’est à l’intérieur du genre que prendra effet le jugement de valeur. Je reste néanmoins insatisfait à l’idée d’utiliser le terme « populaire » pour désigner les œuvres vouées au seul divertissement et celui de « spéculative » pour celles à travers lesquels, parfois par-delà le temps, l’auteur interpelle le lecteur sur le(s) monde(s) où ils vivent. La littérature et les arts, la culture en général ont toujours vacation aux loisirs. Les cultures scientifiques ou musicales, par exemple, ne sont de la culture que pour ceux qui n’en font pas un usage professionnel. Dirait-on d’un bulliste ou d’un pelleur qu’ils ont des cultures de « terrassier » ? L’écrivain diffère ; celui de SF (sens restreint), par exemple, doit avoir une culture scientifique non pour faire de la recherche mais pour mettre en scène des personnages qui eux, en font, ou les conséquences d’icelle.

 

Et vous ? Vous êtes litpop, litgen ou bit-lit ?

Le Conte de Monte Cristo, Du Côté de chez Swann ou Twilight ?

1 Private joke.

( to be continued … la semaine prochaine la suite !)

LE PETIT DICO DU MANGAS

Posted by Lionel - in ACTUALITES - No Comments

Le mot japonais «manga» souvent traduit littéralement par « image dérisoire» ou « dessin non abouti », est composé de « ga » (画), qui désigne la représentation graphique (« dessin », « peinture » ou toute image dessinée – comme l’estampe), et « man » (漫), « involontaire », « divertissant », « sans but »

Le dessinateur de mangas est appelé mangaka

Les mangas se lisent souvent dans le sens inverse des bandes dessinées occidentales : de droite à gauche, ce qui correspond au sens de lecture Japonais, Techniquement parlant, les mangas sont presque toujours en noir et blanc

Les mangas ont un panel de sujets très large qui peut aller de la musique (Detroit Metal City, Nodame Cantabile, Beck, etc.) au vin (Les Gouttes de Dieu) en passant par la boulangerie (Yakitate!! Ja-pan).

Le traitement des thèmes varie selon le public visé et les revues de mangas sont généralement destinées à une catégorie estimée d’âge

  • Seijin (成人) : pour les hommes adultes.

Certains genres particuliers, la plupart du temps définissant le contexte de l’histoire ou son format :

  • Hentai (変態) : manga pornographique, la plupart du temps hétérosexuel (Bible Black, La Blue Girl) (Au Japon le mot « hentai » est avant tout employé pour désigner la perversité, et donc se raprocherais plus du sens du mot « Ecchi » en France) ;
  • Bara : sous-genre homosexuel du hentai
  • Moe (萌え) : manga tourné vers un sentiment ou une affection fétichiste pour un personnage
  • Shitei manga de type humoristique pour petits et grands ;
  • Shakai : manga traitant de problèmes sociaux ;

Dans les pays francophones, sept catégories sont couramment publiées : shōjo, shōnen, seinen, shitei et hentai, avec en sus l’arrivée récente du yaoi et du yuri.

Nouveautés de Mars !

Posted by Lionel - in ACTUALITES - No Comments

10

Rabelais secret/ Raymond Lulle – CAL – 1973

Histoire des personnages mystérieux – tbe – E/O –

5€/u

9

Pas tant de salades – Kaput

Fleuve noir – 1956 (Fréderic Dard) – be – E/O

45 €

8

Tardi – puzzle – 79/150

2013 – neuf – E/O

30 €

7

Tardi – Polonius

Futuropolis – avr.-83 – tbe – E/O

50 €

6

Spirou – Album n°22 – Dupuis – 1947

recueil du n°472 au 489 de Spirou hebdomadaire – tbe – E/O

250 €

5

Olrik

aide à la vente – be – E/O

50 €

4

Tifou Fou – peluche / Franquin

Ajena – 3 peluches existantes retirées de la vente – neuf – E/O

100 €

3

Tintin – sur liége 32,5 x 49 cm – 1979

Lombard d’après Hergé impression Serica Nancy – neuf – E/O

90 €

2

Tardi – poster – Casterman – 1997

6 posters extrait de :  » une guelle de bois en plomb » – neuf – E/O

50 €

1

Nouveautés !

Posted by Lionel - in ACTUALITES - No Comments

_MG_1990

Complainte des Landes Perdues –  Sioban – 636/999 –

Dargaud – 1993 -Tirage N & B 35 x 45 signé – TBE – EO

100€

_MG_1991

L’Oreille Cassée

Tintin- fac-similé N & B -Casterman – 1986 – neuf- E/O

40 €

_MG_1992

Fox One n°1

Avec journal Dargaud 1997 neuf E/O

30 €

_MG_1994

Neige personnage Aliage

2000 – hauteur 6,5 cm tbe

15 €

_MG_1995

Swolf

puzzle 62/150 neuf E/O

20 €

_MG_1996

Kaput Mise à mort

Fleuve noir 1956 be E/O

45 €

_MG_1997

Bronco

Recueil n° 10 lug 1968 Comprend n° 37,38,39,40. be

10 €

_MG_1998

La merveilleuse odyssée d’Olivier Rameau et Colombe Tiredaille

Olivier Rameau – 44/200 P & T 1997 – neuf E/O

ex libris numeroté et signé

55 €

_MG_2000

Jungla

Tirage limité & signé 61/150

Bédéciné 2013 avec porfolio, puzzle, magnet neuf E/O

45 €

_MG_2001

Pellucidar 1 + 2

Temps futur 1982 Au cœur de la terre + l’empire de David Innes be E/O

10 €

_MG_2003

La chute des tours 1435/6070

Opta 1971 avec rhodoïde neuf E/O

30 €

 

_MG_2005

Coffret Mini Lanfeust Tirage limité & signé 176/750

Décotoys 2002 10 figurines univers Lanfeust de Troy hauteur moyenne 4,5cm neuf E/O

120 € – certificat

Exposition

Posted by Lionel - in EXPOSITION - No Comments

Exposition de Julien Cuny .

Exposition de photos avec des personnages de lumière ( en light painting ). Ce sont des personnages dessinés à la lampe de poche, dans un décor réel, sans retouches ni montage.
Les décors sont des maisons abandonnées, cela ajoute une atmosphère mystérieuse à la scène. Les personnages sont en quelque sorte les « esprits » des lieux.
l'escalier
  • Abonnez-vous à notre newsletter et rejoignez nos 29 abonnés.

  • BD

    Nombreux titres disponibles, BD de collections, classiques et rares.
  • POLARS

    Un grand choix de livres de poche, beaux livres, livres de collections.
  • SCI-FI

    Beaucoup de choix de livres de poche, séries et collections.
Véga - 39, rue de la Prairie 88100 Saint-Dié-des-Vosges 06 10 17 09 75 contact@vega-bd.fr - www.vega-bd.fr - design par STUDIOJUL.fr